Nous
nous sommes rencontrées par hasard…
Dans
un party pour la communauté gaie…
"Genre"
de coup de foudre instantané (qui aurait dû rester instantané
aussi…)
Sa
bouche sensuelle,
Ses
yeux bleus charmeurs,
Blonde,
Petite,
Elle
a chamboulé ma vie (c'est vraiment le cas de le dire) à partir
de ce moment…
Rien
n'a été décidé d'avance.
Tout
s'est déroulé rapidement, comme dans un film.
Regards
échangés, baiser à la sauvette…
Une
phrase a été prononcée :
"
Ce qu'elle ne sait pas ne lui fera pas de mal "
Cette
phrase, je l'adressais à ma vraie copine du moment.
J'avais
donc raison…
Eh!
Oui! J'étais en couple, heureuse quand cette histoire est venue
tout bousiller.
Nous
étions à peine sorties du tourbillon du Temps des Fêtes.
Je
m'en rappellerai toujours…
Alors
voilà.
Le
lendemain de ce baiser fatidique, le téléphone a sonné.
Résonné
plutôt.
Je
l'entends encore.
Je
savais que le mal était entré dans ma vie.
Il
est resté un an et demi (un siècle!)
Mise
à la porte de l'appartement "conjugal",
mes
effets ramassés en vitesse,
je
me suis retrouvée chez ma mère.
J'y
suis restée UNE nuit.
Au
téléphone, elle me suppliait de lui pardonner.
Que
le fait qu'elle ait tout avoué à ma copine ne pouvait
que
prouver qu'elle m'aimait, qu'elle ne voulait pour elle seule.
Je
l'ai (malheureusement) crue…
Oui,
nous avons eu de bons moments.
Bien
sûr que nous nous sommes aimées.
Mais
jusqu'à quel point?
Etait-ce
vraiment de l'amour?
Au
bout de la deuxième semaine seulement, nous vivions notre premier
accrochage.
Premier
d'une longue série.
Je
ne me rappelle même plus à cause de quel sujet…
Je
me souviens seulement qu'à partir de ce moment, elle s'est mise
à gérer ma vie.
La
musique que j'écoutais, la nourriture que je mangeais, mes heures
de sommeil, les vêtements que je portais, les personnes que je rencontrais,
bref, ma vie en entier.
Ma
famille, mes vraies amies ont tenté (en vain) de m'ouvrir les yeux
mais " l'amour " m'aveuglait.
J'ai
longtemps pensé que de tels agissements faisaient partie d'une vie
de couple conventionnelle.
Après
avoir lu ce qui suit, vous vous rendrez compte par vous-mêmes de
mon manque de discernement…
Voici
donc les faits saillants de la Belle et la Bête…

 |
Je
me rappelle un soir où je devais travailler jusqu'à minuit.
Une
de MES amies nous avaient invitées (toutes les deux) à souper.
-
"J'suis pas capable avec elle.C't'une hypocrite! Vas-y toi…"
-
"Tu es sûre? J'suis pas obligée tu sais."
-
"Non, non, vas-y je te dis."
Elle
me donnait la permission (pfffff), j'y suis allée…
|
Il
faisait -20oC et malgré le fait qu'elle possédait une voiture,
je m'y suis rendue à pied.
En
arrivant, j'ai voulu l'avertir que j'étais rendue à bon port
mais il n'y avait pas de réponse.
Elle
était sortie.
Où?
J'en avais aucune idée.
Je
n'ai pu la rejoindre que vers 22:00, la voix visiblement amochée
par l'alcool.
Je
l'entends encore me dire :
-
"J'ai trouvé une fille avec des beaux yeux bruns qui va s'occuper
de moi ELLE."
Elle
est entrée à 1:30, encore plus saoûle.
-
"J'viens chercher mon paquet de cigarettes neuf pis ya quelqu'un qui m'attend."
-
"Qui ?"
-
"T'as connaît pas"
-
"T'as pas le droit de me faire ça, j't'ai rien fait…"
J'en
avais déjà trop dit.
Elle
était petite mais toute là.
Je
me suis retrouvée dehors, en boxer.
J'ai
pensé mourir de froid.
Lorsque
j'ai réussi à entrer, elle s'était calmée.
Mais
je n'ai jamais su s'il s'était passé quelque chose avec sa
belle brune…
 |
Un
certain jeudi soir, environ 21 :30.
Après
une longue journée de travail, j'arrive à l'appartement Légèrement
plus tard que d'habitude.
Retard
parfaitement justifié dont je vous épargne, fort heureusement,
les détails.
Je
la revois assise au salon, le comptoir de la cuisine jonché de vaisselle
sale. |
-
"Et puis ? Qu'as-tu fait aujourd'hui ?"
-
"Bof… Rien de spécial…"
-
"T'as pas eu le temps de faire la vaisselle ?"
-
"Non"
Alors
je me dirige tout bonnement pour faire ce que je croyais qu'elle aurait
fait.
-
"Tu fais la vaisselle?"
-
"Oui, je ne dormirai pas bien si le comptoir est plein."
-
"Ben là !"
-
"C'pas grave… J'vais la faire toute seule."
Elle
m'accroche par les épaules, me regarde dans les yeux et dit :
"J'ai
pas d'ordres à recevoir de toi."
Et
bang…
Avec
la force d'une déchaînée, elle me pousse vers l'arrière
où une porte d'armoire attendait… ma tête.
Je
me suis écrasée par terre, sonnée.
"Fais
pas ta moumoune, relève-toi donc !"
Le
sang coulait sur ma joue, j'ai paniqué…
"Appelle
ma mère !", que je lui dis.
Elle
l'a fait.
Mais
pour lui annoncer qu'elle m'amenait à l'hôpital mais que tout
allait bien !!!!!
On
m'a fait des points de suture.
L'histoire
était close.
Je
n'ai jamais osé ramener le sujet dans une conversation.
Après
ces deux incidents majeurs,
je
connaissais maintenant ce qu'était la violence physique et morale.
Ce
n'était pas fini…

La
cerise sur le sundae est arrivée aux vacances de Pâques 1995.
Nous
avions planifié un voyage à Montréal.
À
la dernière minute, Madame se désiste.
Je
savais pertinemment que si moi, je n'y allais pas, je signais mon arrêt
de mort.
Je
suis donc partie, seule.
Pas
de téléphone, pas de nouvelles.
À
mon retour, 5 minutes après avoir mis les pieds dans la maison,
la phrase meurtrière s'abatait sur moi :
"J'ai
rencontré quelqu'une d'autre, j'ai passé la semaine avec
elle, alors toi et moi, c'est fini. Tu prendras la chambre d'amis…"
Et
vlan!
Je
pensais avoir goûté à l'enfer mais j'y ai goûté
davantage!
Les
téléphones pour elle aux petites heures du matin, les ébats
dans la chambre avec sa "belle", j'ai tout vu, tout entendu ce qu'il y
a de
pire
à voir et entendre…
Après
un mois, c'en fut assez.
Un
soir, après ma journée de travail, je n'ai pas pu entrer
dans l'appartement.
L'accès
m'y était interdit.
De
chez ma mère, j'ai téléphoné.
J'ai
supplié.
J'ai
crié que j'avais au moins le droit d'aller chercher mes effets personnels.
Pfffff.
J'ai
tout trouvé sur le balcon.
Mes
tasses cassées, mon linge, mes serviettes, tout était sans-dessus-dessous.
Mais
je recouvrais ma liberté, en partie.
Après
notre rupture, je me suis mise à fumer, je suis sortie dans les
bars pour tenter d'exorciser le mal qu'elle m'avait fait…
Quelques
semaines plus tard, dans mon nouveau chez-moi, elle m'a rendue visite à
l'improviste pour oser me proposer ce qui suit :
"Tu
sais, si tu es seule et que tu veux faire l'amour, t'auras juste à
m'appeler…"
Devinez
si je l'ai fait ou non ???
Ce
fut une expérience difficile à vivre.
Mais
je m'en suis sortie.
Ca
a pris du temps avant que je comprenne que je vivais dans une relation
abusive mais vaut mieux tard que jamais…
Encore
aujourd'hui, je cherche toujours les bons côtés, ce que j'ai
pu apprendre de bien de cette relation.
Mon
estime de moi en a mangé toute une.
Et
c'est ce qui m'a fait le plus mal.
J'espère
un jour retrouver la joie de vivre, l'estime de moi, la fierté que
j'avais avant tout ça…
Je
termine sur ces mots ...
La
Belle a été ébranlée par la Bête,
La
Belle ne voulait pas revoir la Bête,
La
Belle n'est pas encore prête à revoir la Bête,
La
Belle veut seulement redevenir elle-même, sans la Bête…
Qu'en
pensez-vous ?