Valérie et José,
Un couple au temps du Sida
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Témoignage : Un couple au temps du Sida ...
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Un couple au temps du Sida ...


    Le froid et le sida. (25)

    Mars 1994, 6 hrs du matin, ( Lendemain de l’inauguration )

    Valérie me réveille, je suis en sueur, complètement trempé, elle se lève me chercher de quoi me changer.

    Valérie :

    -" Il faut que tu prennes ta température "

    elle me tend le thermomètre, je rechigne :

    -" N on, ça va aller ".

    Elle insiste et m’oblige à le prendre :

    -" J’ai mal aux poumons ".

    Trois minutes plus tard elle pousse un cri d’alarme :

    -" Tu as 40° de fièvre, je vais appeler l’hôpital "

    -" Non ! Rappelle toi, pas d’hospitalisation "

    Elle accepte ma décision à contre coeur.

    Je tremble de tous mes membres, j’ai froid, trop froid, il me faut des couvertures, Valérie amoncelle tout ce qu’elle peut pour me réchauffer, j’avale du Dafalgan, médicament contre la fièvre.

    Elle reste éveillée et prend soin de moi. Je m’endors, tant mieux, j’ai mal.

    7 hrs :

    -" Chérie ! Il faut que tu reprennes ta température "

    Quoi ?

    J’ouvre les yeux, Valérie est prés de moi,

    -" Ma température ? Ah ! D'accord. "

    -" Tiens "

    Je lui tends le thermomètre.

    -" Tu as toujours 40° "

    s’écrit-elle.

    Je lui dis que ça va passer ...

    On s’était fixé comme objectif de ne jamais être hospitalisé, bien sûr quand il a fallu hospitaliser Valérie je n’ai pas hésité une seconde, pour moi ces accords étaient valables tant que Valérie était bien.

    Mais à contrario, Valérie n’avait pas le pouvoir d’aller à l’encontre de mon souhait puisqu’elle me considérait comme un demi-dieu et tout ce que je disais avait valeur d’acquis.

    10 hrs :

    Je souffre, je réclame du Dafalgan, j’ai froid, cette fois ci la cote d’alerte est au plus fort.

    Valérie parle toute seule pour se trouver une solution, j’ai 40,3 de fièvre.

    Alerte. Elle marche de long en large et dit qu’elle ne peut pas me laisser comme ça, même si ma volonté est contraire.

    Avec le peu de lucidité qui me reste je résiste et refuse l’hospitalisation, alors une idée lui vient à l’esprit, elle téléphone à ma soeur pour qu’elle appelle l’hôpital, comme ça elle contourne ma volonté sans me trahir.

    10 mn après les pompiers sont à la maison, un pompier est tétanisé de peur à l’idée de me toucher, même avec ses gants.

    Il ne participera pas à mon évacuation ...

    Direction les urgences.

    © José



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    Ce témoignage est la propriété de José, toute utilisation sans l'accord écrit de l'auteur constitue une contrefaçon.
    Certaines modifications ont été apportées pour que ce texte puisse être compris tant en France qu’au Québec.

    Merci à Ka Nguyen pour la conception du logo.

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