Valérie et José,
Un couple au temps du Sida
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Témoignage : Un couple au temps du Sida ...
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Un couple au temps du Sida ...


    Pense à Valérie. (20)

    La question que je me pose en secret n'est pas de savoir quand on va trouver un médicament miracle, mais plutôt ; quand allons nous mourir ...

    Je ne prends aucun traitement et moi même je commence à être sérieusement fatigué, mais quelque part je suis content car je ne veux pas survivre à Valérie. On est parti à deux dans cette galère, un mois de mai 1987, j'espère la finir à deux.

    J'ai 29 ans et j'ai vécu de belles années avec elle, elle a fait de moi un homme. Je n'imagine pas continuer sans elle.

    Pour décrire Valérie dans sa bonté, il y a certainement des tas d’événements que je pourrai citer mais je pense que le plus fort pour moi c'est ce qui s'est passé un jour de 1988 :

    Je venais de sortir de prison, Valérie avait trouvé un appartement dans un quartier plutôt difficile, on avait une télé noir & blanc, un matelas à même le sol, une table de cuisine, deux chaises, un petit Camping-Gaz (petit poêle à gaz) .

    On n'avait PAS : De réfrigérateur, de gazinière (cuisinière), de lave-linge, de meuble.

    Dans cette situation, Valérie a mis en route des dossiers d'aides à travers les allocations familiales.

    Un beau jour toutes ces aides se concrétisent et on reçoit à la maison 2 chèques pour un montant de plus de 7000 F (1750$).

    Il est 11 hrs du matin, Valérie se précipite à l'encaissement et à midi on se retrouve avec 7000 F (1750$) en liquide.

    C'est beaucoup et c'est peu. À cette époque j'ai un défaut que je mettrais longtemps à chasser : Je suis Joueur !

    Il est 14 hrs quand je me retrouve devant une machine à poker, machine illicite que l'on retrouve dans des bars peu scrupuleux. Il est 16 hrs quand je rentre ... les poches vides. J'ai tout perdu.

    Je n'ai pas un mot pour Valérie, je ne sais pas quoi dire, je suis fautif à 100%. Elle se démène à trouver de l'argent et moi je le dilapide, je me dirige vers le placard, je prends une valise et je commence à préparer mes affaires. Valérie me regarde et me dit :

    -" Que fais-tu ? "

    -" Je te quitte, j'ai perdu l'argent, je ne veux plus te faire du mal, je suis le roi des cons et je ne veux pas t’entraîner avec moi, tu te rends compte, je viens de perdre 7000 F (1750$). "

    J'étais décidé à ne plus la faire souffrir par mes agissements inconsidérés, mais elle ne l'entendait pas comme ça et me répliqua aussitôt sans aucun moment de réflexion :

    -" Ne me quitte pas, on s'en fout de l'argent, ne t'inquiètes pas, j'en retrouverai, mais je t'en prie mon bébé, je t'aime ne me quitte pas. "

    Je suis resté et quelque part j'étais fier de l'amour que me portait Valérie, un amour extrême, que je ne méritais pas.

    Jamais, non jamais elle ne me reparlera de cet épisode.

    Moi j'ai vécu quelque temps avec le remords mais ce fut de courte durée car quelques semaines après ... je retournais en prison.

    © José



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    Ce témoignage est la propriété de José, toute utilisation sans l'accord écrit de l'auteur constitue une contrefaçon.
    Certaines modifications ont été apportées pour que ce texte puisse être compris tant en France qu’au Québec.

    Merci à Ka Nguyen pour la conception du logo.

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