Valérie et José,
Un couple au temps du Sida
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Témoignage : Un couple au temps du Sida ...
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Un couple au temps du Sida ...


    L'été sans soleil. (suite) (14)

    Dans les jours qui suivent, Valérie se remet peu à peu, on ignore ce qui a pu causer cette montée de fièvre et je commence à avoir peur. Je sens naître en moi un profond sentiment d'impuissance face à ce qui se prépare, je n'imagine rien mais je ressens intérieurement un profond malaise. Je comprends que le moment est assez grave et qu'il est temps que Valérie se fasse suivre.

    J'argumente Valérie pour que nous prenions une décision, bien sûr elle refuse arguant du fait qu'elle retrouve une santé et qu'il est inutile de s'alarmer. Je ne lutte pas contre sa volonté, je la respecte.

    Si sa santé s'est améliorée, son état physique est par contre inquiétant ...

    Mais inquiétant pour qui ?

    Je parle autour de moi de l'état préoccupant de Valérie, mais je ne trouve pas d'écho et tout le monde me rassure.

    Si on ne veut plus se faire soigner, c'est que l'on est certain que la médecine ne peut rien faire et notre choix est que même si l'on doit mourir, cela se fera à notre façon.

    J'ignore à ce moment que je me trompe.

    Ce qui est bien l'été, c'est que les services contentieux ou les administrations tournent au ralenti, les relances habituelles s'estompent, ce qui nous laisse un répit de ce coté là.

    Je recommence à sortir l'après-midi quelques heures pour voir mes amis, cela fait 18 mois que je suis enfermé avec le VIH comme prison.

    Je ne parle pas de ma séropositivité à mes amis, j'ai peur de leur réaction. Pour ne pas affronter leurs regards, je me tais.

    Avec l’expérience, aujourd'hui je sais que quand j'annonce ma sérologie à quelqu'un, c'est dans son regard que je plonge le mien, c'est à ce moment précis que je vois, c'est à ce moment là que je comprends.

    L'être humain est fait de telle sorte qu'en lui vit une bête qui s'ignore, l'animal qui sommeille en chacun de nous.

    Nous sommes des êtres intelligents mais nous avons gardé des réactions animales et quand j'annonce mon état et que la personne ne peut pas lutter contre son aversion, elle a un comportement bestial.

    Souvent, elle s'essuie la main, d'autres fois elle ne te dis pas " au revoir " et s'en va avec un salut verbal, ou alors, si elle me dit qu'elle , "ça ne la dérange pas de toucher un séropositif ", je devine que c'est une personne qui a peur.

    Malheureusement, après ces quelques jours de rémission, l'état de Valérie se dégrade de nouveau, les poils de ses jambes ne repoussent plus, plusieurs bleus apparaissent nettement et la fièvre revient en force, c'est dans l'affolement que je rappelle un médecin de nuit en ce mois d’août.

    Il est sympa ce docteur.

    Au réveil, j’appelle notre médecin traitant qui lui prescrit un bilan complet. L'infirmière vient à la maison pour la piquer et c'est dans la crainte que j'attends les résultats ...

    © José



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    Ce témoignage est la propriété de José, toute utilisation sans l'accord écrit de l'auteur constitue une contrefaçon.
    Certaines modifications ont été apportées pour que ce texte puisse être compris tant en France qu’au Québec.

    Merci à Ka Nguyen pour la conception du logo.

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