Valérie et José,
Un couple au temps du Sida
Pages Web héberge ce siteÊtes vous dans les Pages Web ?
.
Témoignage : Un couple au temps du Sida ...
-Le Babillard- -Rubrique Juridique- -Point-De-Vue- -Page Contact-

Un couple au temps du Sida ...


    L'été sans soleil. (13)

    L'appréciation du moment grâce à cet argent ne nous fait pas oublier notre sérologie, mais cela permet d'occulter nos pensées négatives qui nuisent à notre qualité de vie, en clair, moins on pense, mieux on se porte.

    Cet été 1993 est pour moi le début de la fin.

    Valérie, pour l'inauguration de notre petit bateau, se découvre une peur insurmontable face au large, peur tout à fait compréhensible puisque lors de cette première, le moteur est tombé en panne à 2 km des côtes et c'est avec beaucoup de chance que nous avons regagné la terre.

    Après quelques sorties supplémentaires, la dernière a failli me coûter cher.

    Embarqués à quatre personnes (deux enfants, deux adultes), j'ai dû déposer mes passagers à plusieurs km. de notre point de départ, une tempête se préparant.

    C'est en essayant de ramener le bateau à son port que je fus pris dans celle-ci, j'ai enfilé mon gilet et je me suis vu couler. Arrivé au port, le bateau était rempli d'eau.

    Ce fut la dernière fois que Valérie monta à bord.

    Je suis arrivé à un stade de confusion totale, moment de bonheur virtuel que l'on doit partager avec la réalité, moment de réalité dans une vie virtuelle.

    Valérie entre dans ce mois d’août fatiguée. Elle reste alitée, notre volonté de ne pas se faire soigner est toujours intacte, quelques bleus apparaissent sur ses jambes, sa température oscille maintenant entre 38 et 38,5 continuellement.

    Notre médecin traitant fait ce qu'il peut, mais il n'a pas les moyens ni les compétences. Il nous supplie pour que l'on soit suivis à l'hôpital et devant notre refus, continue de s'occuper de nous. Mais rien ne s'arrange, au contraire, l'état de Valérie se dégrade rapidement et je ne comprends pas cette rapidité qui me replace face au sida.

    Maintenant elle ne se lève plus du tout et un soir de ce mois d’août sa température atteint 40°, il est 1 hrs du matin, j’appelle aussitôt le médecin de garde.

    Le docteur qui se présente fait partie de la gent féminine, en gravissant les escaliers qui nous conduisent à l’étage, je lui fais part de notre situation :

    -" Voilà docteur, nous sommes séropositifs et pour l'instant nous ne sommes pas suivis "

    -" AH ! ... Mais moi monsieur je n'ai pas l'habitude de soigner CES GENS LÀ " (sic ...)

    Elle ausculte Valérie et me transmet l'ordonnance avec laquelle je m'empresse d'aller à la pharmacie de garde (ouverte de nuit) , mais c'est en la raccompagnant à la porte qu'elle me porta l'estocade :

    -" Au revoir monsieur et surveillez la, elle est dans un sale état ".

    Valérie prend ses cachets et la fièvre tombe, elle s'endort.

    Il est 3 hrs du matin et je ne trouve pas le sommeil, je pleure ...

    J'ai 28 ans et je pleure sur l'avenir.

    © José



    SuivantPrécédentSommaire

    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36

    Ce témoignage est la propriété de José, toute utilisation sans l'accord écrit de l'auteur constitue une contrefaçon.
    Certaines modifications ont été apportées pour que ce texte puisse être compris tant en France qu’au Québec.

    Merci à Ka Nguyen pour la conception du logo.

Plus agréable à lire avec une taille d'écran de 800 x 600
Compteur
Commentaires & Questions
.
© E.iVinter 1997 - 2008 tous droits réservés