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Valérie et José,
Un couple au temps du Sida |
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Mars 1989, je sors de prison, vu mon instabilité, je reste sous la tutelle d’un juge d’application des peines ( agent de libération conditionnelle ) qui, s’il le désire, peut me renvoyer en prison pour effectuer le sursis qui m’a été infligé (pendant 3 longues années, je serais sous cette tutelle). Valérie s’est débrouillée pour trouver un T1 ( appartement 1 ½ ) , on s’y installe ; dans la foulée un éducateur désigné par le juge m’envoie faire un stage A.F.P.A. ( association de formation professionnelle des adultes ) afin de remettre mes neurones en activité. 4 mois de stage, je sors. Je n’ai toujours pas grand chose mais maintenant je suis lancé, j’ai pris le rythme, je trouve une place de manutentionnaire après quinze jours de recherche. Qu’importe, je remballe mon orgueil, mes prétentions et mes rêves. Le sida, j’y pense. L’épisode carcéral me fait réfléchir, ce qui est plus inquiétant c’est que certaines personnes que Valérie fréquentait pendant sa période héroïne, tombent malades ou se meurent du sida. Même si le doute est grand, j’occulte toute possibilité d’être séropositif, puisque je ne suis ni toxicomane ni homosexuel, mon raisonnement est aussi primaire que ça. 1990, année bénéfique, de manutentionnaire je deviens responsable technique !!! Mon salaire grimpe en flèche et pour la première fois de ma vie, j’ai l’occasion de prendre l’avion pour aller travailler !!! De Paris via la Suisse en passant par la Corse et la Bretagne, je vole !! J’ai un statut ! Moi qui l’année précédente étais en prison. Septembre, on déménage, un T2 ( appartement 2 ½ ) , le luxe ! Valérie trouve du travail comme secrétaire. Deux salaires, génial, on n’avait jamais été aussi riches ! L’année 1991 commence sous de bons auspices, mais paradoxalement, notre couple souffre et traverse une période difficile, on s’éloigne l’un de l’autre, elle s’éloigne. Je ne comprends pas, 4 ans de vie commune et, alors que le plus dur est passé, voilà que des conflits injustifiés s’installent, Valérie s’éloigne de moi, mais en même temps elle est très amoureuse, l’ambiance est pourrie et je ne comprends toujours rien. Août 1991, alors que je roule en voiture sur l’autoroute, le pneu avant gauche éclate, aussitôt la voiture effectue plusieurs tonneaux. Elle s’immobilise sur le bas coté, j’ai mal au dos, je n’ose pas bouger. Les pompiers arrivent rapidement, on m’évacue sur la clinique la plus proche. Bilan : RIEN, enfin presque, quelques bleus, une entorse, mais surtout une incroyable tétanisation des muscles dorsaux du fait que je n’avais pas ma ceinture de sécurité. J’avais dû serrer très fort le volant pour ne pas être éjecté. Je me mets en accident du travail, août et septembre passent, je n’ai plus rien mais je ressens une lassitude chronique, j’ai de plus en plus de mal à fournir des efforts physiques. Le 5 octobre 1991, je retourne chez le toubib, je l’informe que la stratégie qu’il a employé pour me remettre sur pied échoue. Il se montre perplexe (j’avais des séances de piqûres tous les jours). Me réexaminant, il constate que sur ma langue s’est installé ce que l’on appelle couramment ” du muguet ”, me palpe, puis sur un ton naturel : -" on va refaire de nouveaux examens, accepteriez vous que l’on fasse un dépistage du sida ? ". Ma réponse est sans réflexion. Puisque je sais que je ne suis pas porteur du virus, Allons y ! © José Suivant 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 Ce
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