Point De Vue,
sur La Place !
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Point De Vue, la chronique de Capriel !
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Rubrique Informatique : L'IRC


Solitude

 

Il y a quelques mois de cela, j'avais entrepris sur mon site web,
de conter mon histoire.
Je suis partie sans la terminer, et je m'en excuse,
auprès de tous ceux et celles qui me lisait. ;-)
En voici donc la conclusion.
Bonne lecture!

P.S.: Pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire géniale, extraordinaire, fantastique, sublime : Où_l'on_parle_de_soi.zip
Ou qui l'aurait un peu oubliée ( oubliée? mon histoire!!! )


Logiciel gratuit WinZip ( Si vous ne l'avez pas? )

 

 

Certains êtres sont seuls et j'en fais partie. Je n'ai pas demandé à l'être ou à le devenir. Sauf que je m'aperçois au fil des jours que je prends de plus en plus mes distances. Le bug avec la solitude ( je n'ai pas dit le problème, j'aime trop Internet pour ça! lol ), c'est qu'on finit par s'y habituer. Pas de gaieté de cœur, cela va sans dire, mais on s'habitue. On finit même pas la rechercher et ce d'autant plus qu'elle n'ait pas voulu.

On s'aperçoit un beau jour que le téléphone ne sonne plus. Ce n'est pas qu'il sonnait bcp avant, mais de quelques fois à jamais, il y a une marge. On s'aperçoit aussi qu'à part se parler à soi-même ( surtout juste avant de s'endormir quand toute l'amertume du jour remonte à la surface), on ne parle plus à grand monde. Souvent même à personne.

Passer sa journée bouche close fait partie du quotidien. Mais que diriez-vous de passer deux ou trois semaines sans dire un seul mot? à ce stade, ce n'est plus de la solitude, c'est Robinson Crusoé (et sans Vendredi!).

Fin mai, une internaute, Mireille, lisant mon article sur La Marche Mondiale des Femmes, m'a envoyé ce mot.

… concernant la lesbienne en région versus la lesbienne d'un grand centre. Je ne doute pas un instant que ce soit difficile en région, mais en tant que citoyenne d'un moyen centre, je peux te dire qu'on ne trouve pas nécessairement "...chaussure à son pied, drette-là, au coin de rue. " Ici, aussi, ce n'est pas facile. On vit aussi de la solitude surtout lorsqu'on a dépassé l'âge des grandes conquêtes.

Que répondre à cela, sinon que j'ai ma propre optique sur la solitude, qu'elle soit amoureuse ou totale. Ce n'est pas seulement l'absence ou l'abondance de ressources qui fait la solitude. C'est le désir de trouver... ou de ne pas trouver. Dans La Marche Mondiale…, je donne des adresses pour l'Abitibi mais cela ne change rien pour moi. Pour la simple raison que je ne les utilise pas. Un bar s'installerait-il au coin de ma rue, que je n'y mettrais plus que probablement jamais les pieds.

Quelqu'un a dit, je ne sais plus qui, qu'il y a deux genres de solitude. Celle qu'on choisit et celle qu'on ne choisit pas. Pour moi, il n'y en a qu'une.

Vous connaissez cette vieille blague?
" Vous ne pouvez pas me renvoyez. Je démissionne! "

J'avoue être par nature un peu obtuse ou si vous préférez (et moi aussi! ), un peu bcp entêtée. Parce qu'il m'a fallu trente-huit ans pour comprendre et accepter… cette fichue démission. Trente-huit ans à attendre ce qui ne vient jamais, ce qui n'arrive pas. Trente-huit ans à se cramponner à un rêve, à une illusion trop douce, trop invitante pour l'abandonner.

Je n'avais pas envie de comprendre, j'avais envie de croire! Même si tout ce qui m'entourait me disait clairement le contraire. Me hurlait : Résigne-toi! Baisse les bras! Assieds-toi et meurs! Mais je dois avoir une sacrée dose de lâcheté ou plus charitablement, tout un instinct de conservation… Parce que je suis restée… à attendre.

Et puis, un jour… je suis tombée. Pas volontairement. De façon subconsciente peut-être? Possible. Donc, je suis tombée. Je me suis écroulée littéralement. Comme ça, pfut! Comme on souffle une chandelle, une trentaine de chandelles disons. Une trentaine toute neuve, à peine étrennée.

J'ai passé je ne sais combien de nuits à contempler les murs ou le plafond en tremblant de tous mes membres et si faible, qu'un chaton m'aurait sans peine renversée d'un coup de patte. Je ne peux donner de nom à ce qui m'est arrivé, car je n'ai jamais voulu consulter ne serait-ce que pour savoir. Moi et la médecine... ah non, merci! Frousse ou pas. J'ai simplement attendu que ça passe. Enfin, quand je dis passe… j'ai disons évité le pire. Je ne suis pas morte. Mais pour ce qui est du reste... ;-(

La volonté… quel grand mot, non? Disons que je n'avais plus l'envie de me battre. Et lorsqu'on ne se bat plus… on reste au fond du trou. La pente me paraissait si raide, si abrupte que je suis restée en bas. Je n'ai jamais été et ne serai jamais une grande alpiniste de toute façon. Pas même passable.

J'ai regardé, un temps, le haut de la montagne me désespérant de l'atteindre jamais. Et les mois ont passé, puis les années. Elles se sont perdues en petites escalades lilliputiennes aussitôt accompagnées de retraites et de dégringolades. Ça devient lassant, avec le temps, vous savez. Tout devient lassant avec le temps.

Il y a un peu plus de deux ans… mon père est décédé. Trop tard pour moi. Trop tard, pour me redonner ce que j'avais perdu. Je n'étais plus qu'une épave. Mais cette épave, aussi désespérée soit-elle, a voulu relever la tête. Elle a pris ça comme une seconde chance. à tort ou à raison. Je ne le sais toujours pas. J'ai foncé sans compter.

J'ai cru que quelques mots sur une page web pouvaient tout changer. Internet, l'ultime remède à la solitude! Wow! Fallait y croire! J'y ai cru… le temps de me rendre compte du mirage. De l'illusion. En quelques mois, j'étais passée de mes quatre murs à la grande foule. Ça avait de quoi griser n'importe qui!

J'aurai pu devenir vraiment accro. J'aurai pu. La cyberdépendance, vous connaissez? Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Tous ces mots, tous ces msgs, c'était bien. Mais c'était tout. Je me suis réveillée un bon matin et je suis partie. Le temps de réfléchir, le temps d'y repenser. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit. Neuf mois plus tard et maintenant que la poussière est à peu près retombée, je ne suis toujours pas prête à revenir sur le net.

Je reste en contact. De loin. Pour le reste… c'est assez. Je ne suis ni Mahomet ni la montagne et personne ne viendra à moi. Que ce soit par Internet ou autrement. J'ai cessé de croire. Ou d'attendre. Certains pourraient dire que c'est une question de résignation. Moi, j'appelle ça de l'acceptation. L'acceptation d'un état de fait, d'une certaine réalité.

Reste un petit hic.. Le réveil, au milieu de la nuit, souffle coupé et haletant, sueurs au front et au corps, le cœur soudain précipité au bord du gouffre. On dirait que le corps lui, ne peut rien oublier. Mais un jour, j'en viendrai à bout. C'est forcé. Enfin, si je ne regarde pas trop la télé. Lol. ;-))


©Capriel

Per Aspera Ad Astra
À travers les difficultés,
jusqu'aux étoiles!


P.S. : Je tiens ici à remercier Denric, la chroniqueuse de LESBIENNES D'ICI,
sur La Toile Gaie du Québec.
Si vous lisez son article, intitulé
Avoir des ailes comme Icare, et qui se trouve à l'heure actuelle dans les archives de la toile, vous y trouverez un petit mot sur moi, ( un petit mot bcp trop élogieux! ) et sur mon article sur la Marche Mondiale.
Denric écrit également pour : www.femafem.net
Voici ici, un extrait, de l'un de ses articles. Âme sensibles s'abstenir.
Moi, ça m'a retournée le coeur et fait ravaler mes petits malheurs sous le tapis. Il y a vraiment des jours...



Laissez-moi partager avec vous le témoignage de mon amie Micheline qui a pu observer sur le terrain, le sort réservé aux humains de sexe féminin dans un certain point chaud du globe.

Il y a huit ans de cela, un ami à moi m'invita à visiter le pays où il travaillait. Au pays des mille et une nuits, l'Arabie Saoudite est, comme on le sait, un pays de pétrole où la population y est en majorité musulmane. Or, je me suis beaucoup plu dans l'arrière-pays très révélateur, vestige de ma formation en anthropologie. Mais, ce pays est un pays d'hommes.
Là-bas, la femme est d'abord et avant tout la femme, la mère, la fille ou la soeur d'un homme. Bref, elle existe essentiellement dans l'ombre du mâle tout puissant après Allah.. Dieu est grand! Ham del Allah!
évidemment, dans ce pays, les femmes souffrent. J'en ai vues à qui on avait enlevé la peau du dos pour la mettre sur le dos des hommes. J'ai aussi vu des femmes excisées et des cordons ombilicaux sectionnés avec une lame de rasoir qui avait déjà servi plusieurs fois auparavant. J'ai vu enfin des femmes perdre leurs enfants sous l'ordre d'un simple index levé par l'homme.
Et j'ai vu pire encore. C'était lors d'une visite en voiture. Cette fois-là, j'ai demandé au chauffeur qui conduisait la voiture dans laquelle je prenais place avec mon ami de prendre la direction vers la droite. Après quelques kilomètres sur une route ensablée, voilà qu'est apparu devant nous un centre commercial plus moderne que ceux d'ici.: piscine, terrains de tennis, épicerie fine, salon de coiffure le nec plus ultra, etc. Tout ce rutilant décor en plein désert!
Puis tout à coup, un attroupement d'une trentaine de personnes surgit devant nous au milieu de nulle part. Piqués par la curiosité, mon ami et notre chauffeur sont descendus de voiture tandis que je suis restée assise à l'arrière. C'est derrière les vitres sombres de cette luxueuse voiture que j'ai compris que j'allais sans doute mourir en tant que femme car le hasard a voulu ce jour-là que je sois témoin de la lapidation … d'un être humain du même sexe que le mien.
à ce centre, il y avait une enfant de neuf ans … une petite fille qui avait été violée la veille. Elle portait une longue robe noire. Dans la voiture aux vitres teintées, je pouvais voir ses mains blanches qui replaçaient sans cesse son foulard sur sa tête. Elle regardait la foule sans comprendre. Puis, un jeune homme, peut-être un frère, s'approcha d'elle et comme s'il s'était agi d'un jeu, lui dit de regarder au loin dans la direction opposée. Obéissante et soumise, elle tourna aussitôt son regard vers le ciel.
C'est à ce moment-là que le jeune homme lança la première pierre … de la grosseur d'une orange. Quelle ne fut pas mon horreur quand je vis le sang couler sur les mains de la fillette! Au même instant, la pauvre enfant s'effondra sous le coup mortel de cette pierre. On venait de l'assassiner sous prétexte qu'elle était impure.
Bien sûr, je n'ai pas vu d'hommes se formaliser, encore moins démontrer des sentiments de sympathie pour cette enfant martyre. Mais, partout alentour, on pouvait deviner les soubresauts des femmes en sanglots sous leur tchador.
Jamais de ma vie je n'oublierai cette scène atroce. Et jamais non plus, je ne pardonnerai à aucun Dieu tant de cruauté!




 


Numéros précédents
Marche Mondiale des Femmes
Bilan ...
Un monde ... de rêve! 
C'était la fin d'une époque ...
De l'autre coté du miroir
Question 56
Qui suis-je ?
Huitième numéro de la rubrique de Capriel. 

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