QUESTION
56
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«Question 56».....
fait référence au numéro de la dernière
question posée dans le sondage
Égale.
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| 56 |
De nombreuses questions n'ont pu être abordées dans ce
sondage.
Veuillez ajouter d'autres commentaires sur votre expérience
à titre de lesbienne,
gai, bisexuel(le) ou transgendriste.
(Ajoutez des pages supplémentaires, si nécessaire) |
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De
mes treize ans et de ma que trop douloureuse prise de conscience de mon
lesbianisme?
Cela
fait vingt-trois ans et je n'ai rien oublié.
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Assez
pour n'avoir jamais vécu, qu'à travers mon père, et
ce jusqu'à sa mort, toute récente. Je ne connais rien du
milieu gai. Je n'ai jamais aimé ni eu la moindre relation sexuelle,
que ce soit avec un homme ou une femme.
J'ai toujours
eu ces désirs, d'aussi loin que remonte mes souvenirs. Et j'ai beaucoup
souffert de ne pouvoir les vivre. Et même si j'ai songé au
suicide que, trop souvent, comme la seule issue à un présent
pour moi, de plus en plus difficile, je n'ai jamais trouvé suffisamment
de courage pour poser le geste.
J'ai laissé
les années s'écouler, dans le silence et souvent la haine
de moi-même. De mon incapacité à faire face et à
me libérer de mes chaînes.
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Je
n'ai que trente-six ans. Pour la majorité des gens, ce n'est pas
vieux, même pas la moitié d'une vie.
Néanmoins,
pour moi, cela représente près de 25 ans, de non-vie et de
non-existence..
Et j'ai du
mal à croire, même aujourd'hui que je suis libre, à
un possible avenir et encore moins, à un possible amour.
Je ne ressens
aucune honte pour les désirs que j'éprouve, mais à
quelque part, je doute encore trop de moi-même, de ma capacité
à m'ouvrir et à vivre, ou à aimer.
Je n'ai eu
depuis, que quelques mois, pour repenser toute ma vie. Tout est encore
à naître, du moins, je l'espère.
Je n'ai pas
d'autres choix.
Une dernière
chose. Je vis en région. Dans une petite ville, où, bien
sûr, il n'y a rien.
Ni services,
ni aides, ni relation d'aucune sortes avec le milieu.
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Nous
sommes et demeurons invisibles. Je sais que je ne suis pas seule. Que forcément,
il y en a d'autres. Mais je n'ai aucun moyen, ni de les rencontrer, ni
de les connaître. Cela reste du domaine de la conjoncture.
Face à
la solitude et à l'isolement, je n'ai d'autres choix que de partir.
D'aller ailleurs. Ce qui ne m'intéresse pas. Je connais mon coin
de pays et j'y suis assez bien.
Je sais que
d'autres font ce choix quotidiennement. Mais de quelle façon l'ai-je
appris? Via internet! Paradoxalement, je peux parfaitement communiquer
avec une femme se trouvant à l'autre bout du Monde, dans cette vieille
Europe, tout là-bas en France. Mais je demeure incapable de parler
ou de rencontrer ceux et celles qui demeurent à peine à quelques
rues de chez moi, aussi anonyme que je le suis, et peut-être plus
cachées que je ne le suis.
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Internet,
c'est une porte ouverte sur le monde, qui nous délivre en partie
de la solitude et de l'ignorance. Ce n'est pas une panacée et je
n'y ai trouvé ni miracle, ni fortune. Mais sans ce lien, cette ouverture,
j'aurai vécu une période de transition plus difficile et
plus laborieuse. J'ai eu la chance de trouver une amie, presque par hasard,
et qui m'a offert le privilège de l'écoute.
Et même
si je reste encore un peu méfiante face à ce nouveau médium,
il a au moins le mérite d'exister et de permettre à tout
ces isolés de communiquer, malgré la distance et l'anonymat. |
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Longue Vie et Prospérité... »
Per
Aspera Ad Astra
À
travers les difficultés,
jusqu'aux
étoiles!
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