Point De Vue,
sur La Place !
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Point De Vue, la chronique de Capriel !
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S'il suffisait d'Aimer...

Rassurez-vous, mon propos ici, n'est pas de parler de Celine Dion!

Mais plutôt de ce qui suit. Quand un enfant vient au monde, je connais peu de parents qui se disent, en leur for intérieur ou autrement : " Bon, eh bien, bienvenue dans ce monde, mon petit gars (ou ma petite fille). Et maintenant, quel va être ton avenir? Hétéro ou homo? " Et qui, de plus, ajoute : " Peu importe, de toute façon, je t'aimerai quoi qu'il advient. "

C'est ce qu'on appelle, dans notre société, dite ouverte; la présomption de l'hétérosexualité . Cette présomption qui nous enferme dès notre naissance dans des attentes et des désirs qui ne sont pas les nôtres et dans un silence qu'on se doit, pour exister, de briser tôt ou tard!

"Papa, maman, je suis…."

Mais certains ne parviennent jamais à franchir cette étape. Beaucoup de jeunes se suicident. D'autres partent, s'éloigne de leur famille, amis et connaissances. Je connais une amie internaute qui habite à des milliers de kilomètres de ses parents et qui me disait, il y a peu, qu'elle préférait, bien que sans travail, demeurer là où elle était, avec sa blonde, plutôt que de retourner en France, affronter les membres de sa famille.

Cette présomption s'accompagne aussi de multiples contraintes. Métro, boulot, dodo vous connaissez? Le travail, la famille, les amis… on en parle aux uns mais pas aux autres. On érige des cloisons étanches et bien compartimentées entre les gens. On se donne et se cherche bien des excuses. " C'est ma vie, à quoi bon en parler! C'est strictement privée, un point c'est tout! Ça sert à quoi? Ils ne peuvent pas comprendre. Ils ne l'accepteront jamais. "

La transparence, ce n'est pas si simple. Ce n'est pas évident pour tout le monde, même ici. Même au Québec, province qu'on dit si ouverte. On prend des chances à chaque fois. Et on le sait si bien que lorsque vient l'amour… on reste coi, en paroles et en action. Le sourire d'une passante nous fait battre le cœur, mais plutôt que de la suivre et de lui parler, on se retrouve a jeter un regard inquiet derrière notre épaule, guettant dans le regard des gens qui nous entoure, le dégoût ou la surprise, que notre réaction de désir a peut-être suscités.

Mais plus banalement, l'on rencontre quelqu'un (e), au hasard de la vie. Et l'ignorance ou la connaissance nous piègent. Le (la) sachant hétéro, nous ne disons rien. L'ignorant, nous n'osons l'aborder, parce que notre langue se paralyse dans notre bouche. " Que va-t-il (elle) penser, si je lui dis qu'il (elle) m'intéresse? Que va-t-il (elle) penser de moi?"


Forum Attirent d'Elles au cours d'une discussion
Sujet: Re: pas assez méchant…
Date: 14/01/2001 22:00
Auteur: zini

.... Je n'ai pas le droit de tomber amoureuse d'une fille hétéro respectable comme elle, ce serait la déshonorer parce que je pense qu'elle ne serait pas très contente d'apprendre qu'elle plaît à une fille. Certaines d'entre-vous vont peur-être me lapider mais tant pis; parfois, je n'ai pas de quoi être fière de mes sentiments. Quand je la vois si réservée, si bien tous rapports, à mille lieues d'imaginer que la personne qui se trouvait à-côté d'elle à table de dîner était gay, je me fais honte; j'ai l'impression d'être le diable en personne, de lui mentir, je ne sais pas comment dire. Pourtant, mes sentiments sont aussi purs qu'ils peuvent l'être mais comblent de malheur: je ne suis pas un homme, " je suis femme et quand on est femme, on ne dit pas ces choses-là ", comme dirait Diane Tell dans sa chanson.


Soixante-trois ans après la publication de Puits de solitude, de Radclyffe Hall, ces mots me frappent au cœur, comme le roman lui-même, il y a de cela treize ans. "...mes sentiments sont aussi purs qu'ils peuvent l'être mais combles de malheur: je ne suis pas un homme… "

Étrange écho dans mes oreilles. En 1928, l'écrivaine Radclyffe hall poussait le même cri via son héroïne, Stephen.

Stephen lui dirait alors la cruelle vérité, elle lui dirait: « Je suis l'une de celles que Dieu a marquées au front. Comme Caïn, je suis marquée et flétrie. Si vous venez à moi, Mary, le monde vous taxera d'impureté. Notre amour pourra être fidèle, jusqu'à la mort même et au-delà, le monde ne nous en taxera pas moins d'impureté. Notre amour pourra ne faire de mal à aucune créature vivante, nous pourrons devenir plus parfaites en compréhension et en charité à cause de notre amour, mais tout ceci ne vous sauvera pas du châtiment d'un monde qui détournera ses yeux de vos plus nobles actions, ne trouvant en vous que corruption et vilenie. Vous verrez des hommes et des femmes se souiller, imposant à leurs enfants le fardeau de leurs péchés. Vous verrez la déloyauté, le mensonge et la perfidie parmi ceux que le monde regarde avec approbation. Vous verrez que beaucoup d'entre eux ont le cœur dur, sont devenus avides, égoïstes, cruels et pleins de luxure ; vous vous tournerez alors vers moi et me direz : " Vous et moi sommes plus dignes de respect que ces gens. Pourquoi le monde nous persécute-t-il, Stephen? " Et je répondrai : " Parce qu'en ce monde, il n'y a de tolérance que pour les prétendus normaux." Et lorsque vous viendrez à moi pour que je vous protège, je dirai: " Je ne puis vous protéger, Mary, le monde m'a privée de mon droit de protection: je suis absolument impuissante, je ne puis que vous aimer. " »

Les yeux qui me dévisagent dans ce miroir, me racontent la même histoire. Celle de la peur. De la honte. Je me rappelle mes hésitations, alors que je restais plantée au milieu de l'allée du centre d'achats, le regard rivé sur le destin en train de passer son chemin. Je me rappelle mes regards en coin, gênés, tandis que passe cette femme auquel je ne dirai jamais le moindre mot. Je n'ai plus l'âge ou une inconnue pouvait me faire tourner la tête et le cœur en plein centre-ville. Et depuis, j'ai, c'est vrai, de moins en moins à perdre.

J'en parle librement devant ma propriétaire, sans crainte de me retrouver soudain expédier en plein Pôle, pour ma peine. Mes rares parents assez proche pour s'inquiéter de moi… à l'occasion, le savent depuis une éternité. Mon père, décédé, ne peut plus désormais me causer le moins tort. Je suis libre.

Et pourtant… Pourtant, je n'ose toujours pas aborder une inconnue pour lui dire que peut-être… j'aurai envie… de mieux la connaître. C'est vrai, je suis timide, quoique qu'un peu moins qu'auparavant. N'empêche. La crainte de me faire rabrouer et regarder de travers, sinon pire, me taraudent. Je n'ai jamais osé.

L'amour est un domaine qui me demeure étranger. Malgré tous les rêves du monde, je reste une péquenaude.. Je bénis la liberté que la vie me donne aujourd'hui, comparé à celle dont je jouissais « hier ». Mais quelquefois, la liberté peut apparaître aussi illusoire que l'est parfois Internet, dans toute sa virtualité.


La St-Valentin vient de passer et Pâques s'approche tout doucement! Dites-moi, en avez-vous profité? Avez-vous envoyé une carte à l'inconnu (e) de vos rêves? Mais peut-être n'avez-vous pas osez? Je comprends. Après-tout, il/elle est peut-être hétéro. C'est risqué. Je comprends, certes.

Mais pourquoi, justement, ne pas profiter de Pâques qui s'en vient, pour vous reprendre? Pourquoi ne pas prendres votre courage à deux mains et lui envoyez, via le net ou autrement, une boîte de chocolat? Qui sait? Le pire qui puisse vous arriver, c'est qu'il (elle) la montre à ses copains/copines en se payant votre tête… Mais qui dit que vous ne recevrez pas plutôt un sourire et une invite? Qui sait s’il ou elle ne se cache pas tout comme vous dans le placard?

D'un autre côté et comme deux idées valent mieux qu'une; une petite suggestion: vous pouvez toujours lui faire don en toute amitié!


En dépit de tout ça, il se pourrait pourtant qu'un jour, vous ayez eu un moment de folie, lol. Une de mes amies, très gentille, a eu l'idée de poser dernièrement, une question intéressante sur la St-Valentin, sur l'un des forums qu'elle fréquentent. " Qu'elle est la chose la plus folle que vous ayez faite pour prouver votre amour? "

Voici quelques-unes des réponses qu'elle a reçue:

" J'aimais tellement mon amie alors et elle m'avait tellement manquée, que quand je suis allée la chercher à la gare, à une heure de grande foule, je l'ai enlacée et embrassée comme jamais je n'aurais osé le faire en public. " petite abeille

"Ce que tu me dis, me renvoie à mon propre vécu… où j'ai eu une telle envie d'enlacer voluptueusement mon amie… que je l'ai attrapée par la main et coincée sous la cage de mon immeuble." karine

"Moi en ce qui me concerne, ça va peut-être vous paraître banal. J'ai du déployé toute mon énergie. ( je croyais que mes tripes et mon cœur allaient jaillir de mon corps. Ce n'est pas très joli comme description. Je lui ai simplement dis que je l'aimais et que j'étais follement amoureuse d'elle. Ou bien j'essayais d'aller le plus souvent possible chez elle, en prétextant n'importe quoi à mes parents. Je prenais le bus, qu'il pleuve ou qu'il neige. Le trajet était long mais je m'en foutais, car mon but c'était de me retrouver dans ses bras. " Chris


Et moi, me direz-vous? Eh bien, vous n'en reviendrez peut-être pas, mais oui!!! Une fois! Dans ma folle jeunesse... Mais vous n'en saurez pas plus. Je garde mon petit secret... pour le moment. ;-)

Ps.: J'avais écrit ce texte pour la St-Valentin, mais hélas, on ne fait pas toujours ce que l'on veut! Je me posais donc certaines questions concernant son actualité. Mais une récente discussion sur le babillard de Laplace m'a donnée à réfléchir. Que ce soit l'être aimé (e) ou un membre de notre famille qui nous pose se dilemme, de la déclaration et de l'approche; il reste que l'Amour nous tient parfois en otage.  

© Capriel

Per Aspera Ad Astra
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La Marche Mondiale des Femmes en l'an 2000
Bilan
Un monde ... de rêve! 
C'était la fin d'une époque ...
De l'autre coté du miroir
Question 56
Qui suis-je ?

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