Comment
commencer ?.
Première chose, je n'aurai sans doute pas dû
et mon univers serait resté inchangé. Ce qui d'un
autre côté aurait peut-être été
une erreur... parfois le temps est venu ou doit venir de changer...
d'évoluer... du moins c'est ce que mes cartes de tarots
me répètent. Temps de changer de parcours, temps
de changer de route et sans doute de monde.
J'ai
toujours voulu partir, mourir... sans en avoir jamais eu le
courage. Maintenant c'est fait, en quelque sorte. Suicide
virtuel, mort virtuelle... mais mort tout de même. Capriel
n'est plus... elle a cessé d'exister. Quelle
repose en paix...
J'ai
pris ainsi, de nouvelles décisions. Mais j'ignore encore
où elles me mèneront et si je vais réellement
y survivre dans ma réalité non virtuelle. Mais
cette mort virtuelle n'est pas vaine. Elle semble me libérer,
enfin presque, de cette autre mort qui me hante depuis si
longtemps. C'est dur de la laisser partir... elle est encore
si jeune... 4 ans et demi à peine.
Elle
avait de si beaux projets et un grand avenir devant elle.
Un avenir que je lui construisais, pas à pas, dans
mes rêves. Mais elle a fait son temps. Elle portait
en elle-meme, mes plus belles illusions, mes croisades et
mes plus grands idéaux. Elle était l'épée,
le paratonnerre, la guerrière immaculée. Elle
voulait faire sa place dans ce monde... gai et lesbien...
mais elle n'a jamais pu le faire... réellement. Marginale
parmi les marginales, elle est restée... dehors...
sur le seuil... Et ne pouvait aller plus loin.
À
présent, j'ai décidé de ne plus mendier
cette place. Mais si place il y a quelque part en ce monde,
je la trouverai. Ou bien, je la construirai. Ce sera peut-être
pour un temps un monde solitaire. Mais cette solitude, je
la connais bien. Ce sera aussi un monde ouvert sur celui de
tous les autres. Sans distinction de race, de sexe, de couleur
ou d'orientation sexuelle. Car voyez-vous, je vis depuis si
longtemps entre mes quatre murs que les mondes clos me font
désormais horreur... tout comme le fanatisme, l'intolérance,
les préjugés.
On
m'a objecté récemment que la tolérance
n'est pas tout. C'est vrai. Elle n'est pas tout. Tolérer
l'intolérable n'est pas possible, mais encore faut-il
définir ce seuil intolérable. Seuil différent
pour tous. Aux yeux de certains(e)s, le mien semble tiède.
Faiblard. À leurs yeux, non aux miens. Je ne tolère
ni l'injustice, ni le parti-pris, ni le fanatisme. Je n'aime
ni la guerre, ni le meurtre et mon seuil de tolérance
est des plus bas côtés religion.
Je ne tolère pas qu'on mutile de petites filles en
Son Nom. Je ne tolère pas que l'on lapide un homme
parce qu'il est gai toujours en Son Nom. Je ne tolère
pas la violence. Violence faite aux femmes et aux enfants.
Violence physique, verbale ou instituée sous couvert
de religion ou de lois discriminatoires et injustes.
Cela
est. Mais parfois, cela ne suffit pas. Tous les mots qu'on
prononce semblent se déformer. Prendre d'autres sens
que ceux qu'on leur donne. Cap n'a pas compris. Cap s'est
fourvoyé. Combien de fois ai-je entendu ces mots sous
d'autres mots ? Combien de mes mots ont été
déformés, brisés ? Ou mal interprétés
?
Il
résulte de tout ça que j'y
ai perdu mon âme et mes illusions. Comme j'ai souvent
perdu des plumes dans mes batailles, dans mes appels à
la tolérance, à la différence, à
l'acceptation.
Peut-être
me suis-je trompée du tout au tout. Peut-être
n'ai-je rien compris. Mais peut-être aussi ne suis-je
pas la seule. L'incompréhension est comme une barrière
et à force de s'y heurter et d'en être blesser,
on fini par capituler. Je capitule. Mon destin n'est pas de
combattre l'incompréhension ad vitam aeternam. Mes
convictions demeurent. Mais désormais, elles resteront
miennes. Et si je les exprime à nouveau, alors, ce
sera sous d'autres cieux. Sous d'autres formes.
Lexistence
de Capriel et sa recherche de la perfection se révèlent
donc finalement vaines. Je dépose à vos pieds,
son armure et ses armes. Et je pars. Je pars à la recherche
d'un nouveau monde, un monde différent, aussi différent
que je le suis moi-même. Un monde qui acceptera peut
être ma différence comme je m'efforce depuis
toujours d'accepter celle de l'autre.
J'espère
le trouver. J'espère qu'il existe. Et si je le trouve,
peut-être le monde y aura-t-il gagné quelque
chose. Sinon... qu'est un grain de sable, de plus ou de moins
?
Le
temps est venu pour moi de voler de mes propres ailes.
Javais
besoin de vous. De cette univers, mais le temps est venu de
grandir. De faire mes premiers pas. Seule. Seule, ainsi que
je l'ai été et le resterai sans doute, toute
ma vie.
Je
remercie tout celles et ceux qui m'ont aimée, acceptée
telle que je suis. Et qui m'ont aidé à cheminer
vers la lumière. Ainsi que les rares qui m'ont comprise.

©Capriel
Per
Aspera Ad Astra
À travers les difficultés,
jusqu'aux étoiles!