Les quatre veufs ...
Photo reproduite avec autorisation
ça
devrait enfin bouger |
.Les
faits :
Depuis
bientôt 6 ans, ils sont 4 veufs homosexuels dont le conjoint est
décédé et auxquels la rente de conjoint survivant
a été refusée par la régie, au motif qu'ils
sont du même sexe que leur conjoint.
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Aux
termes de la charte
Québécoise des droits et libertés de la personne
dont l’article 10 interdit la discrimination basée sur l'orientation
sexuelle, il est évident que la régie des rentes du Québec
est en contradiction flagrante avec la loi.
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C'est
précisément la conclusion à laquelle aboutit le Juge
Vaillancourt en Novembre 1998.
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Il
reconnaît le bien fondé de la demande des 4 veufs, il oblige
la régie à leur verser la rente à laquelle ils ont
droit à compter de la date du jugement et il donne 180 jours au
gouvernement pour mettre la législation en conformité avec
la charte des droits et libertés.
..
Dans
les délais prescrits par le jugement, et en parfait accord avec
ses conclusions, la Ministre de la Justice, Mme Linda Goupil présente
son projet de
Loi 32.
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Cette
Loi
32, maintenant devenue célèbre, sera votée, fait
rare, à l'unanimité par l'Assemblée Nationale le 10
Juin 1999.
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La
loi 32 met fin à cette discrimination dans l’ensemble des organismes
et services de la province. Elle place le Québec parmi les rares
législations qui, dans le monde, reconnaissent leurs droits légaux
aux couples de même sexe.
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Problème
réglé
.
Et
bien non !
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De
façon tout à fait incompréhensible, le gouvernement
du Québec fait appel
du jugement Vaillancourt.
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Le
gouvernement se retrouve dans la situation paradoxale d'avoir reconnu la
validité du jugement et des arguments des 4 veufs par l'adoption
de la
Loi 32 tout en leur déniant le bénéfice des modifications
introduites par cette loi dont ils sont pourtant à l'origine.
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On
aurait pu s'attendre à ce que M. André Boulerice (député
de Ste-Marie / St-Jacques (le Village)) qui se présente comme «
le père de la Loi 32 » et le défenseur de la communauté
gaie et lesbienne intervienne pour faire cesser cet appel qui, depuis le
vote de la Loi 32 devient un total non sens.
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Bien
au contraire, pour des motifs qui semblent assez confus, il semble que
M. Boulerice soit celui qui défend cet appel, avec un cynisme certain,
en arguant à l'Assemblée Nationale que puisque le décès
des conjoints a eu lieu avant le dépôt de la loi 32, les 4
veufs ne peuvent bénéficier de la loi puisque l’effet en
serait ainsi, d’après lui, rétroactif (voir
l'extrait des débats du 9 juin).
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Pour
rester dans le cynisme, accordons à M. Boulerice une victoire :
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Suite
au décès de l'un d'entre eux, les 4 veufs ne sont plus que
3, il a donc marqué 1 point dans sa guerre de tranchées et
dans son entêtement à abuser des infinies ressources du juridisme
le plus pointilleux.
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Peut-on
prétendre défendre la communauté gaie tout en lui
opposant un argussis juridique qui entraînera pour l'ensemble de
la société des frais sans commune mesure avec ce qui est
dû à ces 3 personnes dont l'action, faut il le rappeler, a
eu pour résultat de faire avancer la reconnaissance de nos droits
?
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De
plus, dans un autre cas et au même moment, le gouvernement a voté
une loi qui était, elle, incontestablement rétroactive (Loi
42 concernant la ligne d'Hydro des cantons de l'est).
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Il
est étonnant de constater que le vote de cette loi rétroactive
n'aie pas soulevé la même indignation de la part du député
Boulerice, et il serait intéressant qu'il s'explique à ce
sujet ...
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Pourtant,
dès le 9 juin à l'Assemblée Nationale, le député
M. François Ouimet (Libéral) attirait l'attention sur ce
cas de 4 veufs dans le cadre des débats relatifs à l'adoption
de la loi 32 (voir
cet autre extrait).
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Malgré
son insistance, le refus du gouvernement de considérer ce point
viendra ternir l'adoption de la loi.
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Les
4 veufs (devenus 3) sont soutenus par la
commission des droits de la personne du Québec, et en septembre
dernier, ils ont reçu l'appui officiel de la table de concertation
des gais et Lesbiennes de Montréal.
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Il
est d'autre part quasiment certain que le jugement Vaillancourt ne sera
pas invalidé suite à l'appel du gouvernement, ce qui ajoute
à la futilité de cet appel.
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C'est
dans ce contexte que s'est tenu ce Lundi 13 décembre une conférence
de presse à l'initiative des associations libérales des comtés
Ste-Marie / St-Jacques et Mercier en présence du député
libéral de Marquette, M. Ouimet.
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Il
y a notamment été question de jugements similaires rendus
en Ontario et en Nouvelle Écosse ou le gouvernement a soit renoncé
à faire appel, soit retiré son appel, reconnaissant ainsi
leurs droits aux personnes concernées.
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Un
simple avis déposé auprès de la cour d'appel permettrait
d'arrêter la procédure et d'autoriser la régie des
rentes à verser au plus tôt leur dû aux 4 veufs.
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Ce
lundi soir, le député François Ouimet s'est engagé
à ce que ces faits soient abordés à l'Assemblée
Nationale, et donc, à ce qu'il soit officiellement demandé
au gouvernement de renoncer à son appel avant la fin de cette année,
ce qui, en pratique, laisse très peu de temps.
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Il
semble y avoir là le début d'un changement dans l'attitude
du parti Libéral qui a aussi exprimé le souhait de rencontrer
l'ensemble des organismes de la communauté gaie et lesbienne au
cours de l'an prochain.
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Il
ne faut cependant pas oublier que, par le passé, ce parti n'a pas
vraiment pris en compte les revendications de la communauté gaie
et que c’est aux résultats concrets, aux propositions qui seront
faites et à la conviction qui sera mise à les défendre
que l'on pourra en juger.

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Alors
que le gouvernement aurait pu accorder leur droits à ces 4 personnes
qui ont par leur action fait avancer le droit de tous, à cause de
leur entêtement, non seulement de l'argent public va être dépensé
en frais judiciaires superflus mais ils vont se retrouver obligés
de concéder une victoire à l'opposition qui sera encore plus
évidente si cette affaire n'est pas réglée au plus
vite.
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Le
gouvernement saura t’il profiter de cette période des fêtes
pour accorder leurs droits à ces personnes et faire de la loi 32
une totale réussite, ou au contraire M. Boulerice préférera
t’il miser sur le temps pour achever le travail ?
ÉricxVinter.
erv@arobas.net
Page réalisée
en collaboration avec RéjeanxLebeau
rejmtl@sympatico.ca
Site Web :
http://www3.sympatico.ca/rejmtl
Les
raisons juridiques invoquées pour justifier le refus
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La demande
aurait un effet rétroactif |
Le juge
empièterait sur les prérogatives de l’assemblée Nationale |
De
façon générale, le principe de non rétroactivité
des lois est incontestable quand il s'agit soit de créer des droits
nouveaux soit de créer de nouvelles interdictions, et ce, dans le
but d'assurer l'équité entre les citoyens.
.
Mais
le cas est ici bien différent :
Les
règlements administratifs homophobes de la Régie de rentes
violaient une loi préexistante (la charte des droits et libertés).
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Le
jugement Vaillancourt reconnaît le bon droit des victimes de cette
incohérence légale.
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La
nouvelle loi 32 a été créée dans le but de
corriger cette situation.
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La
demande n’a donc en aucun cas précédé la loi applicable
(charte des droits et libertés) mais simplement la résolution
pratique des détails menant à l’application de la charte
par la régie des rentes.
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Dans
ces conditions, il semble que l’invocation du principe de non rétroactivité
soit pour le moins abusive. |
Le
jugement Vaillancourt dit simplement que la loi conduisant à cette
incohérence devait être changée, et c'est naturellement
l'Assemblée Nationale qui a défini le contenu de la nouvelle
loi 32.
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En
quoi un jugement reconnaissant une incohérence entre des lois et
la nécessité d'y remédier empiète t-il sur
les prérogatives de l' Assemblée Nationale ?
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L'
Assemblée Nationale veut elle se réserver le droit de ne
pas corriger ses propres incohérences et donc de violer les lois
qu'elle a elle même votées ?
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N'est-ce
pas en soit incohérent ? |
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Les pouvoirs
de la commission sur les droits de la personne |
| La
procureure générale s'oppose vigoureursement, dans son appel,
à ce que la commission des droits de la personne puisse défendre
des citoyens alors que le Parlement l'avait ainsi mandaté lorsqu'elle
considérait qu'il s'agisse d'une mesure appropriée au respect
des principes contenus dans la Charte. (Ref.: jugement Dalphond,
déc. 1997) |
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