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mercredi 5 novembre 2003 Le Congrès américain, contrôlé par les républicains, a adopté une loi interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif qui marque la première restriction au droit des femmes d'avorter établi par la Cour suprême en 1973. Le Sénat a voté ce texte par une très large majorité de 64 votes contre 34, suivant la Chambre des représentants qui, un mois auparavant, s'était prononcée par 281 voix contre 142 pour une loi similaire. Alors que le président Bush s'est félicité de ce vote, les associations de défense du droit à l'avortement dénoncent une régression et un viol de la Constitution. Le Sénat américain a adopté, mardi 21 octobre, une loi interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif dite "par dilatation et extraction". Les sénateurs, majoritairement républicains, ont voté ce texte par 64 votes contre 34. Ils confirment ainsi la position de la Chambre des représentants, qui s'était déjà prononcée en faveur d'une telle loi en septembre. Ce vote marque la première restriction au droit des femmes d'avorter depuis sa reconnaissance par la Cour suprême en 1973. Peu avant le scrutin, le sénateur républicain Orrin Hatch avait invité ses collègues à approuver le texte, arguant que la loi allait "mettre fin à une procédure immorale et injustifiable". Rick Santorum, numéro trois du Parti républicain au Sénat et principal promoteur de cette loi, estime, pour sa part, que "cette méthode [d'avortement] n'est jamais médicalement nécessaire". Le président George W. Bush s'est immédiatement félicité du vote du Sénat et a promis de promulguer cette loi. Un communiqué de la Maison Blanche souligne qu'"il s'agit d'une loi importante qui va mettre fin à une pratique aberrante et continuer à encourager une culture pro-vie en Amérique". M. Bush rompt ainsi avec les positions de son prédécesseur, Bill Clinton. Malgré le vote, à deux reprises, d'un texte équivalent par le Sénat, le président démocrate avait mis son veto, empêchant de fait leur application. "CESSEZ DE JOUER AU MÉDECIN" "Je vous en prie, sénateurs, cessez de jouer au médecin", leur a lancé la sénatrice démocrate Barbara Boxer (Californie), en affirmant que, pour "la première fois dans son histoire, le Congrès va interdire une procédure jugée indispensable par la profession médicale pour, dans certains cas, sauver des vies humaines". Pour les autres opposants, comme la sénatrice démocrate Dianne Feinstein (Californie), "le Congrès a pris la première mesure re-criminalisant l'avortement" légalisé par une décision de la Cour suprême en 1973 dans l'affaire Roe contre Wade. Le vote du Sénat a provoqué la colère des associations de défense du droit à l'avortement. A l'image de la Fédération nationale de l'avortement (NAF), elles ont promis d'engager des actions en justice contre ce texte qui, selon elles, viole la Constitution. En 2000, une décision de la Cour suprême avait jugée inconstitutionnelle une loi similaire, promulguée par l'Etat du Nebraska, en estimant trop vague sa définition de la procédure d'avortement tardive. Vicki Saporta, présidente de la NAF, a déclaré vouloir porter le "combat pour la sauvegarde des vies et de la santé des femmes du Congrès au tribunal". Selon elle, "les médecins ne devraient pas avoir à choisir entre prodiguer les meilleurs soins médicaux à leurs patientes ou aller en prison". Depuis que les républicains ont repris la majorité à la Chambre des représentants en 1995, ils ont voté à deux reprises une interdiction de cette méthode d'interruption volontaire tardive de grossesse rarement pratiquée, mais le président démocrate Bill Clinton avait mis son veto sur les textes. Selon l'institut Alan Guttmacher, le taux d'avortement est actuellement au plus bas depuis 30 ans aux Etats-Unis, avec 21,3 avortements pour 1.000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Il était de 29,3 en 1980 et 1981. Le Monde - AFP
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