![]() | Qui veut violer la charte ? |
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la charte des droits en toute liberté ? Depuis de nombreuses années, et conformément
à son mandat, la commission des droits de la personne défend
ceux et celles qui sont victimes de discriminations, d'ou qu'elles viennent, y compris du gouvernement.
Les cas traités concernent tant les minorités ethniques, que le droit des femmes ou des gais et lesbiennes (Ex:affaire dite "des 4 veufs" et loi 32), les discriminations à la consommation (Ex:refus de louer un logement), la protection de la jeunesse, des renseignements personnels et de nombreux projets de loi (le plus récent concerne le débat sur les "cinémomètres" (les très lucratifs photo-radars du ministère des transports)). En fait, la majorité des cas importants concerne des violations par le gouvernement, et ça agace ... Ça agace tellement que le ministère de la justice a décidé d'utiliser ses avocats pour tenter d'empêcher la commission des droits d'enquêter et d'ester en justice (assister les victimes) aussitôt que le gouvernement est impliqué. En pratique, ça veut dire que les
victimes de discrimination de la part de l'état soit ne se défendront
même plus, soit tenteront de le faire seules, et, compte tenu
des frais de justice, et de la grande difficulté pour obtenir
la preuve, la bataille sera extrêmement inégale, pour ne pas
dire jouée d'avance.
Cette semaine (11 au 14 Septembre 2001) auront lieu au Palais de Justice de Montréal des audiences qui regroupent 5 causes dans lesquelles le gouvernement se défend ou va en appel contre des victimes de discrimination (les "4 veufs" gais, une affaire de succession entre conjointes lesbiennes + 3 autres causes) et va tenter de se sortir d'affaire non pas en contestant les discriminations alléguées, mais en arguant que la commission n'aurait pas pour mandat de défendre en cour les personnes contre lesquelles le gouvernement commet un acte de discrimination. À quoi peut bien servir la commission, si elle ne peut plus défendre les victimes ? La commission aurait simplement un "pouvoir de recommandation au gouvernement", une bien belle expression qui signifie que la commission n'aura en fait plus aucun pouvoir. De qui se moque t'on ? Face à ces abus flagrants, un véritable
débat public s'imposerait, et c'est précisément
ce que le gouvernement veut éviter en utilisant cette voie juridique
détournée.
Malheureusement, en l'absence de M. Valois, il semble que la Table de concertation n'aie pas la volonté de suivre le dossier comme elle devrait le faire. Espérons que les autres organismes impliqués auront le courage de défendre l'intérêt public et que les médias s'en feront l'écho, sinon, d'ici une semaine, la charte des droits et libertés aura perdu son pouvoir contraignant pour devenir une simple bébelle capable tout au plus de donner mauvaise conscience à ceux qui la violent. E. Vinter
Note *1 (la Ligue des droits et libertés du Québec, la Fédération des femmes du Québec, la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec, la Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe, le Front commun pour les assistés sociaux, Au bas de l’échelle ainsi que plusieurs organisations syndicales dont la CSQ et la CSN).
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